Déconnexion digitale : pourquoi il est devenu urgent de reprendre le contrôle de nos écrans

Nous passons une part toujours plus importante de notre vie devant un écran. Smartphone, ordinateur, tablette, télévision connectée, montre intelligente… les sollicitations numériques nous accompagnent désormais du réveil jusqu’au coucher.

Le numérique est un formidable outil de communication, de travail et d’information. Pourtant, lorsqu’il devient omniprésent, il peut aussi avoir des conséquences sur notre santé, notre concentration et nos relations sociales.

Prendre le temps de se déconnecter n’est plus un luxe : c’est devenu une nécessité.

Combien de temps passons-nous réellement devant nos écrans ?

Les études montrent une progression constante du temps passé devant les écrans.

En France, un adulte consulte son smartphone plusieurs dizaines de fois par jour et passe en moyenne près de six heures quotidiennes devant un écran, tous usages confondus.

Chez les plus jeunes, ces chiffres sont encore plus élevés.

À titre indicatif :

Âge                       Temps quotidien moyen devant les écrans*

3 à 6 ans               1 h à 2 h

7 à 12 ans              2 h à 4 h

13 à 17 ans             5 h à 7 h

18 à 34 ans            7 h à 9 h

Adultes                  environ 6 h

*Ces valeurs varient selon les études et incluent généralement smartphone, télévision, ordinateur et tablette.

À ces chiffres s’ajoute un phénomène souvent sous-estimé : les micro-consultations. Quelques secondes pour lire une notification, vérifier un message ou parcourir un réseau social… répétées plusieurs dizaines de fois par jour, elles fragmentent notre attention en permanence.

Les conséquences d’une hyperconnexion

Notre cerveau n’a pas évolué pour gérer un flux continu de sollicitations numériques.

Une exposition excessive peut entraîner différents troubles.

Une concentration en baisse

Chaque notification interrompt notre activité.

Même lorsqu’elle dure quelques secondes, notre cerveau met ensuite plusieurs minutes à retrouver pleinement sa concentration.

Au fil de la journée, ces interruptions diminuent fortement notre efficacité.

Un sommeil perturbé

Les écrans diffusent une lumière bleue qui retarde la production de mélatonine, l’hormone qui favorise l’endormissement.

Consulter son téléphone juste avant de dormir peut ainsi :

* retarder l’endormissement ;

* diminuer la qualité du sommeil ;

* provoquer une fatigue chronique.

Une augmentation du stress

Messageries professionnelles, réseaux sociaux, actualités en continu, notifications…

Notre cerveau reste constamment en état de vigilance.

Cette disponibilité permanente favorise la fatigue mentale et augmente le risque d’épuisement.

Des douleurs physiques

Une utilisation prolongée des écrans peut également provoquer :

* douleurs cervicales ;

* tensions musculaires ;

* fatigue visuelle ;

* sécheresse des yeux ;

* maux de tête ;

* troubles musculo-squelettiques.

Une vie sociale appauvrie

Paradoxalement, les outils conçus pour communiquer peuvent parfois nous éloigner des échanges réels.

Les repas, les sorties ou les moments en famille sont de plus en plus interrompus par les smartphones.

Être présent physiquement ne signifie plus toujours être pleinement disponible.

Le droit à la déconnexion : une obligation pour les entreprises

Face à ces nouveaux usages, le législateur est intervenu.

Depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail.

Il résulte de la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016, dite loi Travail.

Son objectif est simple : permettre aux salariés de ne pas être sollicités en permanence en dehors de leurs horaires de travail.

Les entreprises d’au moins 50 salariés doivent négocier avec les représentants du personnel les modalités d’exercice de ce droit.

À défaut d’accord, elles doivent élaborer une charte définissant les bonnes pratiques.

Le texte n’interdit pas l’envoi d’e-mails le soir ou le week-end.

En revanche, il encourage les entreprises à mettre en place une véritable culture de la déconnexion :

* plages sans messagerie ;

* limitation des réunions tardives ;

* programmation différée des e-mails ;

* sensibilisation des managers ;

* respect des temps de repos.

L’objectif est de préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

La déconnexion est aussi une responsabilité individuelle

La loi protège les salariés.

Mais chacun peut également agir au quotidien pour retrouver une relation plus saine avec le numérique.

Quelques habitudes simples permettent déjà de réduire fortement la surcharge digitale.

Désactiver les notifications inutiles

Toutes les applications ne méritent pas d’interrompre votre journée.

Conserver uniquement les notifications réellement importantes diminue considérablement le nombre de sollicitations.

Définir des plages sans écran

Le repas.

La première demi-heure après le réveil.

La dernière heure avant de dormir.

Ces moments peuvent devenir des espaces de respiration numérique.

Ranger son téléphone

Un smartphone posé sur le bureau attire naturellement le regard.

Le simple fait de le placer dans un tiroir améliore souvent la concentration.

Programmer des temps de consultation

Consulter ses e-mails ou ses réseaux sociaux à horaires fixes évite le réflexe permanent de vérification.

On gagne en efficacité… et en sérénité.

Retrouver des activités sans écran

Lire.

Marcher.

Jardiner.

Faire du sport.

Cuisiner.

Pratiquer une activité artistique.

Toutes ces activités permettent au cerveau de retrouver un rythme plus naturel.

Donner l’exemple

Les enfants reproduisent largement les comportements des adultes.

La meilleure sensibilisation consiste souvent à montrer soi-même qu’il est possible de vivre quelques heures sans écran.

Se reconnecter… à l’essentiel

La déconnexion digitale ne consiste pas à rejeter les nouvelles technologies.

Elle invite simplement à reprendre le contrôle.

Le numérique doit rester un outil au service de nos projets, de notre travail et de nos relations.

Pas l’inverse.

Dans un monde où l’attention est devenue une ressource précieuse, savoir se déconnecter est peut-être l’une des compétences les plus importantes à développer.

Pour aller plus loin

La déconnexion digitale n’est pas incompatible avec une communication performante. Bien au contraire. Une entreprise qui maîtrise ses outils numériques, respecte le droit à la déconnexion de ses collaborateurs et privilégie des usages responsables améliore non seulement la qualité de vie au travail, mais aussi son efficacité et son image. La transformation numérique ne consiste pas à être connecté en permanence, mais à utiliser les bons outils, au bon moment, pour les bonnes raisons.

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